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Si il y avait une catégorie "jeux maudits", nul doute que Dr Shark y aurait une place de choix. En effet, il sort en boutique avec plus de deux ans de retard sur sa naissance programmée. 
Sous le nom de Toltek, avec une thématisation tout à fait différente et quelques différences de règles, ce jeu aurait du sortir chez Asmodée au cours de l'été 2009.

Et à quelques semaines de sa sortie, le jeu avait été subitement annulée, sous l'effet d'une réorientation éditoriale et de quelques autres paramètres qui resterons dans l'ombre et au nombre desquels on pourrait peut être compter une antique malédiction pré-colombienne.

C'était sans compter sur le travail sans relâche de ses auteurs qui ont tout fait pour que le jeu ne vienne pas rejoindre la pile déprimante et cyclopéenne des projets ludiques morts nés. Obstination qui se révèle payante, puisque il est enfin édité, malgré la malédiction susnommée, qui à plusieurs reprises durant la reprise du projet, faillit lui être fatale.

Dr Shark, puisqu'il faut désormais l'appeler ainsi, est un jeu à la mécanique innovante et originale, puisqu'il est à la fois tactique et tactile. Les joueurs incarnent des espions invités par le Dr Shark dans sa luxueuse résidence. 

Pour prouver que le diabolique Dr est à la tête de la plus grande organisation mondiale du crime organisé, ils doivent récupérer le maximum de preuves, preuves que Shark a dissimulé au fond de sa piscine infestée de requins.

On devra donc plonger les deux mains dans un grand sac bleu (la piscine) et récupérer les preuves figurées par des pièces de puzzles avec lesquelles on essayera de reconstituer des armes, des gadgets, des déguisements et autres plans secrets. Et le coté génial et très original du jeu, c'est que les 5 catégories d'objets ont une couleur, mais surtout une texture différente au dos des pièces de puzzle.

A chaque tour, on doit choisir une mission qui devra être accomplie dans les 30s allouées par le sablier. Il faudra plonger ses mains à l'aveugle dans le sac, et récupérer des pièces de puzzles de forme différente, ou de texture différente, ou encore de même texture. Le tout en se méfiant des requins et des autres espions, qui feraient tout pour vous voler vos preuves si chèrement acquises.

Pour résumer, un vrai bijou ludique, très original, jouable entre amis ou avec toute la famille (dès 8 ans), en individuel ou même en équipe.

Quant à la malédiction, elle peut s'avouer définitivement vaincue, car ce thème à la "James Bond" et les illustrations géniales de Charlie Adams, quelque part entre Austin Powers et The Party, collent beaucoup mieux au jeu que la conquête des trésors maya.

Un de nos chouchous de Noël.